Collier anti-aboiement pour chien : que faut-il vraiment en penser ?
Un chien qui aboie sans arrêt, c’est épuisant — et l’on est tenté par la solution radicale du « collier anti-aboiement ». Avant d’acheter, faisons le point, honnêtement : sur ce que dit la loi, ce qu’en pensent les vétérinaires, et surtout ce qui marche vraiment.
Cet article a une vocation d’information générale et ne remplace pas l’avis d’un vétérinaire ou d’un éducateur comportementaliste.
Les trois types de dispositifs
- Le collier à spray (citronnelle) : pulvérise un jet odorant sous le museau à chaque aboiement. Aversif par surprise/odeur, sans douleur.
- Le collier ou boîtier à ultrasons : émet un son aigu désagréable pour le chien.
- Le collier électrique (à décharge) : délivre une impulsion électrique. C’est le dispositif au cœur des débats juridiques et éthiques.
Où en est la loi en France ? (au 3 juillet 2026)
La situation est souvent mal comprise, alors soyons précis :
- Les colliers électriques sont interdits aux professionnels (éducateurs, pensions, élevages…) depuis l’arrêté du 19 juin 2025.
- Pour les particuliers, une proposition de loi visant à les interdire a été adoptée par l’Assemblée nationale le 16 janvier 2023, mais elle est bloquée au Sénat et n’est pas entrée en vigueur. Un particulier peut donc encore, à ce jour, en utiliser légalement — même si c’est vivement déconseillé.
Autrement dit, il est faux de dire « les colliers électriques sont interdits en France » sans nuance. À noter : plusieurs pays européens (Allemagne, Pays de Galles…) les ont, eux, purement et simplement interdits. (Situation susceptible d’évoluer — cette information est datée.)
Ce qu’en disent les vétérinaires
Le consensus des vétérinaires comportementalistes est clair et défavorable aux méthodes aversives. La société américaine de comportement animal (AVSAB) recommande de n’employer que des méthodes fondées sur la récompense et considère qu’il n’y a aucun rôle pour l’entraînement aversif dans la modification du comportement. L’association vétérinaire britannique (BVA) réclame une interdiction totale des colliers électriques. Et les études disponibles (notamment Cooper et al. 2014 et China et al. 2020) montrent que le collier électrique n’est pas plus efficace que le renforcement positif — tout en générant du stress, de la peur et parfois de l’agressivité, et en risquant de créer de mauvaises associations (le chien reliant la décharge à un enfant, un autre chien…).
La vraie solution : traiter la cause
Un chien aboie pour une raison : ennui, énergie non dépensée, demande d’attention, alerte territoriale, peur, anxiété de séparation… parfois même une douleur. Supprimer l’aboiement par un dispositif, c’est traiter le symptôme sans régler le problème — au risque de le déplacer ou de l’aggraver.
La bonne démarche : identifier la cause (en écartant d’abord un souci de santé avec le vétérinaire), combler les besoins du chien (exercice, stimulation mentale, interactions), et se faire accompagner par un éducateur canin comportementaliste utilisant des méthodes positives. Quant aux colliers à spray ou ultrasons, moins sévères que l’électrique : leur efficacité est discutée (habituation fréquente) et ils suppriment eux aussi le symptôme sans traiter la cause.
Pour éduquer en douceur, une bonne longe et un travail au clicker valent mieux que n’importe quel collier de punition.
Sources
- American Veterinary Society of Animal Behavior (AVSAB), « Position Statement on Humane Dog Training » (2021) — avsab.org
- Cooper J. et al. (2014), PLoS ONE, « The Welfare Consequences and Efficacy of Training Pet Dogs with Remote Electronic Training Collars in Comparison to Reward Based Training » — journals.plos.org
- China L., Mills D., Cooper J. (2020), Frontiers in Veterinary Science, « Efficacy of Dog Training With and Without Remote Electronic Collars vs. a Focus on Positive Reinforcement » — frontiersin.org



